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PREPARATIFS
DE LA CONFERENCE EXTRAORDINAIRE DU HCME:
Le double jeu du gouvernement dénoncé.
En prélude
à sa conférence extraordinaire qui s’ouvre demain,
le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) a
tenu avant-hier un point de presse à son siège pour
faire l’état des préparatifs. C’était
en présence du président du HCME M. Chérif
Abdourahamane Haïdara, du secrétaire adjoint aux Relations
Extérieures M. Mamadou Konaté, du vice président
M. Maguiraga Hadji Bamba et du secrétaire à l’Education,
la Culture, la Jeunesse et le Sport M. Mamadou F. Maïga.
D’entrée
de jeu, les responsables du HCME ont souligné que l’organisation
des Maliens de l’Extérieur est née d’une
volonté politique des autorités. C’est l’un
des éléments essentiels de la politique nationale
relative à l’émergence des Maliens de l’Extérieur
dans les domaines économique, politique, social et culturel.
Malgré leur organisation, les Maliens de l’Extérieur
rencontrent, ont-ils signalé, d’énormes difficultés.
Au niveau des
Conseils de base, les problèmes concernent la gestion des
élections du HCME, l’animation de la vie économique,
sociale et culturelle, l’établissement d’une
synergie entre les bases et le siège. A ceux-ci s’ajoutent
des problèmes externes dus aux forces centrifuges exercées
par des représentations diplomatiques et des responsables
politiques. D’autres difficultés sont relatives à
l’incapacité du HCME à donner une impulsion
aux actions de développement de ses bases, au statut juridique
inadéquat de l’institution et au manque de soutien
financier de l’Etat. En effet, cela fait plus de 13 ans, ont-ils
déploré, que le HCME n’a pas reçu un
rond du gouvernement. C’est avec ses propres moyens que l’institution
fait face aux activités qu’elle mène.
Toutefois, pour
l’organisation de la Conférence Extraordinaire, elle
a reçu 10 millions du ministère des Maliens de l’Extérieur.
Les bases apporteront leur contribution à leur arrivée.
Pour le moment, c’est la base de la Zambie qui a payé
sa contribution de 700.000 FCFA.
La conférence
extraordinaire tiendra-t-elle compte des préoccupations de
tous les Maliens de l’Extérieur ? A cette question,
les responsables du HCME ont répondu sans détour qu’il
n’y aura pas d’exclus. Des consignes fermes ont été
données aux bases afin que toutes les sensibilités
soient représentées à la conférence.
Les délégués seront donc suffisamment représentatifs.
L’objectif visé est d’élaborer des textes
consensuels à travers lesquels tous les Maliens de l’Extérieur
se reconnaissent.
La conférence
extraordinaire est, ont-ils fait savoir, une recommandation du Forum
de la Diaspora tenu dans notre pays en octobre 2003. Il s’agira
au cours des travaux de procéder à la relecture et
à l’adoption des textes du HCME. Il convient en effet
de prendre des mesures applicables à l’ensemble des
structures de l’institution à savoir l’allègement
et le réajustement des structures, les changements de méthode
de gestion, la mise en place d’un système de financement
régulier et efficace.
Au titre des
actions externes à mener, le HCME entend, ont-ils dit, amener
l’Etat à lui accorder un statut juridique adéquat
ainsi que son concours financier. Les réformes proposées
sont, ont-ils indiqué, orientées vers deux lignes
de forces : la Conférence et son bureau restreint en tant
qu’instance délibérante et le Secrétariat
Permanent comme organe de gestion. Les difficultés seront,
ont-ils espéré, surmontées si chacun des participants
y met du sien.
Mais le hic,
c’est qu’à quelques jours de cette Conférence
Extraordinaire, le gouvernement organise à son tour un séminaire
sur la révision des textes régissant les Maliens de
la Diaspora. Est-ce une simple coïncidence ou une volonté
délibérée des autorités de défier
le HCME ? En tout cas, les responsables de l’institution ne
voient pas d’un bon oeil cette attitude équivoque des
autorités. Pour eux, la tenue du séminaire gouvernemental
serait une grave anomalie. Car le gouvernement n’est pas habilité
à procéder à la relecture des textes du HCME.
Ils voient à travers ce geste des autorités une ingérence
dans les affaires internes de l’institution en vue de le déstabiliser.
Les autorités
estiment à tort, ont-ils déploré, que l’intelligentsia
de la diaspora n’est pas avec le HCME. Or, l’institution
regorge de grands intellectuels. Toutefois, les responsables du
HCME ne sont pas pour autant prêts à boycotter le séminaire
gouvernemental pourvu que l’existence et l’autonomie
de l’institution ne soient remises en cause.
Le HCME est-il
à l’abri d’une politisation ? Il est difficile,
ont reconnu les conférenciers, de répondre à
cette question par l’affirmative. Compte tenu de leur nombre
élevé (4 millions), les Maliens de l’Extérieur
constituent un enjeu électoral important. L’institution
en tant que telle est apolitique. Ce sont les politiciens qui s’en
servent pendant les périodes électorales. Ils essayent
de corrompre les présidents de Conseil de Base pour obtenir
les voix des Maliens de tel ou tel pays.
Moussa DIARRA
Le Soir de Bamako ( 17/12/2004 )
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